Le syndrome du canal carpien
Qu'est-ce que c'est ?
Le syndrome du canal carpien est du à une compression du nerf médian au niveau du poignet, causée par un gonflement des gaines synoviales des tendons fléchisseurs.
Les symptômes
Les symptômes du syndrome du canal carpien apparaissent généralement de façon progressive. Ils se manifestent le plus souvent par :
- Des fourmillements ou un engourdissement du pouce, de l’index, du majeur et d’une partie de l’annulaire,
- Des douleurs de la main pouvant s’étendre jusqu’à l’avant-bras, au coude, voire à l’épaule.
- Des réveils nocturnes avec une sensation de « main endormie » ou des raideurs au réveil,
- Une perte de sensibilité des doigts.
L’évolution des symptômes peut entraîner des difficultés pour réaliser certains gestes du quotidien, tels que tenir un objet, ouvrir un bocal ou saisir de petits objets.
En l’absence de prise en charge, les symptômes peuvent s’aggraver et devenir permanents, avec une perte de sensibilité plus importante et une diminution de la force de la main.
Les causes
Le syndrome du canal carpien peut être favorisé par plusieurs facteurs. Certaines maladies, comme le diabète, l’hypothyroïdie ou les rhumatismes, augmentent le risque de développer cette pathologie. Chez les femmes, les changements hormonaux, notamment pendant la grossesse ou la ménopause, peuvent également favoriser sa survenue. Les activités impliquant des gestes répétitifs, un travail manuel intensif ou certaines pratiques sportives peuvent enfin contribuer à l’apparition des symptômes.
En France, près de 200 000 personnes étaient concernées en 2016. Le syndrome du canal carpien touche plus fréquemment les femmes, qui représentent environ 6 patients sur 10. Il survient le plus souvent entre 50 et 59 ans chez les femmes et entre 75 et 84 ans chez les hommes.
Le diagnostic
Le diagnostic du syndrome du canal carpien repose sur un électromyogramme (EMG). Cet examen est indispensable pour confirmer la compression du nerf médian et éliminer d’autres causes pouvant entraîner des symptômes similaires.
Il permet également d’évaluer le degré de sévérité de la compression du nerf médian.
Ces informations sont essentielles pour orienter la prise en charge et déterminer le traitement le plus adapté, qu’il soit médical ou chirurgical.
En quoi consiste un EMG ?
Une aiguille très fine est introduite dans le muscle afin d’enregistrer son activité électrique, d’abord au repos puis lors d’une contraction musculaire.
Cet examen peut entraîner une légère gêne ou provoquer de petites secousses musculaires, parfois surprenantes, mais il est généralement très bien toléré. Grâce à la finesse de l’aiguille, la piqûre est peu douloureuse.
L’examen ne nécessite aucune précaution particulière : vous pourrez reprendre immédiatement vos activités habituelles.
Quels traitements avant d'envisager une intervention chirurgicale ?
Le traitement du syndrome du canal carpien est, dans un premier temps, médical. Il repose principalement sur le port d’une attelle de repos la nuit, afin de limiter la compression du nerf médian pendant le sommeil.
En cas de symptômes persistants, une infiltration de corticoïdes peut être proposée pour diminuer l’inflammation et soulager les douleurs ainsi que les fourmillements.
Quand opérer ?
Lorsque les symptômes persistent malgré ce traitement, ou lorsque l’électromyogramme (EMG) met en évidence une compression importante du nerf médian, notamment en présence d’une perte de sensibilité ou d’une diminution de la force de la main, une intervention chirurgicale peut être indiquée.
L'intervention chirurgicale
La libération échographique du nerf médian est une technique mini-invasive guidée par échographie. Une sonde est placée sur le poignet afin de visualiser en temps réel le nerf médian, les vaisseaux, les tendons fléchisseurs et le ligament transverse du carpe. Le retour à domicile se fait le jour même.
Elle a pour objectif de soulager rapidement les symptômes, notamment les engourdissements et fourmillements nocturnes, souvent dès les premières nuits. La récupération de la sensibilité et de la force de la main est progressive, sur une période de 3 à 5 mois.
En l’absence d’intervention malgré une indication opératoire, le nerf médian peut subir des lésions irréversibles.
Les potentielles complications
Les plus fréquentes :
- Hématome/Ecchymose : accumulation de sang sous la peau, généralement bénin et se résorbe spontanément.
- Algodystrophie : douleurs, gonflement et raideur de la main, persistantes pouvant nécessiter un traitement spécifique (kiné, rééducation). L’évolution peut durer plusieurs mois (environ 1%).
Plus rarement :
- Récidive de la compression du nerf : les symptômes peuvent réapparaître avec le temps malgré une opération réussie (Le risque de reprise chirurgicale est faible : environ 1,06% à 5 ans et 1,59% à 10 ans).
- Infection : rare, traitée par antibiotique (entre 0% et 1%).
- Lésion du nerf médian : exceptionnelle et pouvant bénéficier d’un geste de reprise opératoire.
Questions fréquentes
Combien de temps faut-il pour récupérer après une opération du canal carpien ?
La récupération est progressive. Les douleurs et les fourmillements peuvent s’améliorer rapidement, mais la récupération de la sensibilité et de la force peut prendre plusieurs semaines à plusieurs mois, notamment lorsque la compression du nerf était ancienne ou importante. Une auto-rééducation adaptée peut être proposée afin de favoriser la récupération de la mobilité et de limiter les adhérences cicatricielles.
Pourquoi les symptômes sont-ils souvent plus importants la nuit ?
La position du poignet pendant le sommeil peut augmenter la pression à l’intérieur du canal carpien. Cela explique l’apparition fréquente de fourmillements ou d’engourdissements nocturnes, pouvant réveiller le patient et l’obliger à secouer ou à mobiliser sa main pour obtenir un soulagement.
Quand puis-je reprendre le travail et utiliser ma main après une chirurgie du canal carpien ?
La durée de l’arrêt de travail est adaptée à la profession et peut varier de 1 à 4 semaines. La main peut être utilisée pour les gestes du quotidien, en fonction des douleurs et de la cicatrisation.
En revanche, le port de charges lourdes et les efforts importants doivent être évités pendant au moins 4 semaines après l’intervention.