La rhizarthrose

Qu'est-ce que c'est ?

La Rhizarthrose est l’arthrose de la base du pouce. Elle correspond à une usure progressive du cartilage entre le trapèze et le premier métacarpien. Elle peut parfois s’étendre aux articulations voisines du poignet, et s’associer à une inflammation des tendons du pouce (tendinite de De Quervain).

Les symptômes

Les symptômes de la rhizarthrose apparaissent généralement de façon progressive. Ils se manifestent le plus souvent par :

  • Des douleurs à la base du pouce
  • Une diminution de la mobilité du pouce
  • Une baisse de la force de la main lors de la préhension

Avec le temps, les douleurs peuvent devenir plus fréquentes, s’accompagner d’une diminution de la force de la pince, d’une raideur et d’une gêne croissante dans l’utilisation de la main. À un stade plus avancé, une déformation de la base du pouce peut apparaître. L’évolution se fait souvent par poussées, alternant des périodes douloureuses et des phases d’accalmie.

 

Ignorer les symptômes peut conduire à une aggravation progressive de la douleur et de la gêne fonctionnelle. Avec le temps, la diminution de la force et de la mobilité du pouce peut rendre de plus en plus difficiles les gestes du quotidien. Une prise en charge précoce permet de mieux contrôler les symptômes et de préserver la fonction de la main.

Les causes

La rhizarthrose est une forme d’arthrose fréquente qui touche principalement l’articulation située à la base du pouce. Elle concerne surtout les personnes de plus de 50 ans et est plus fréquente chez les femmes. Plusieurs facteurs peuvent favoriser son apparition : une prédisposition familiale ou génétique, des traumatismes antérieurs de la base du pouce, ainsi que la répétition de gestes sollicitant fortement l’articulation (travail manuel, activités professionnelles répétitives ou certains sports). En France, la rhizarthrose concerne environ 1,8 million de personnes, avec une atteinte estimée à 1 femme sur 3 contre 1 homme sur 8.

Le diagnostic

Le diagnostic de la rhizarthrose repose principalement sur un examen clinique réalisé par un médecin. Il évalue la localisation des douleurs, la mobilité du pouce, la force de la pince et recherche d’éventuelles déformations ou signes d’usure de l’articulation.

 

Une radiographie du pouce est généralement réalisée pour confirmer le diagnostic et évaluer le stade de l’arthrose en visualisant le pincement de l’articulation, les remaniements osseux et l’importance de l’atteinte. Des examens complémentaires  sont rarement nécessaires, sauf en cas de doute diagnostique ou pour rechercher une autre cause de douleur.

Quels traitements avant d'envisager une intervention chirurgicale ?

Dans les formes débutantes de rhizarthrose, le port d’une orthèse de repos constitue un traitement de première intention. Elle permet de mettre l’articulation du pouce au repos, de la stabiliser et de diminuer les douleurs, notamment lors des poussées inflammatoires. Elle est généralement portée principalement la nuit, pendant une durée d’au moins six semaines, afin de limiter les contraintes exercées sur l’articulation et de préserver sa fonction.

Quand opérer ?

Les traitements médicaux ne freinent pas l’évolution de l’arthrose, mais permettent de soulager les symptômes.

 

Lorsqu’ils ne soulagent plus suffisamment les symptômes, une intervention chirurgicale peut être nécessaire à plus long terme.

L'intervention chirurgicale

Réalisée sous anesthésie locorégionale et en ambulatoire, l’intervention consiste à mettre en place une prothèse de la base du pouce composée de trois éléments : une cupule insérée dans l’os du trapèze, une tige implantée dans le premier métacarpien, et un élément intermédiaire (tête-col) permettant l’ajustement et le bon fonctionnement de l’articulation.

Elle a pour objectif de diminuer les douleurs, améliorer la mobilité du pouce et restaurer progressivement la force de la main afin de faciliter la reprise des activités quotidiennes.

Le résultat s’installe de façon progressive, sur plusieurs semaines à quelques mois, le temps de la cicatrisation et de la rééducation.

Pour en savoir plus sur la pose de la prothèse trapèzo-métacarpienne : 

Les potentielles complications

Les plus fréquentes :

  • Hématome/Ecchymose : accumulation de sang sous la peau, généralement bénin et se résorbe spontanément.
  • Algodystrophie : douleurs, gonflement et raideur de la main, persistantes pouvant nécessiter un traitement spécifique (kiné, rééducation). L’évolution peut durer plusieurs mois (entre 1% et 2%).

Plus rarement :

  • Infection : rare, traitée par antibiotique (entre 0,3% et 0,4%).
  • Luxation : Une luxation de la prothèse peut survenir dans les premiers mois suivant l’intervention. Elle nécessite parfois une reprise chirurgicale (entre 0,5% et 1%).
  • Descellement de la prothèse / usure : avec le temps, les matériaux de la prothèse peuvent s’user et sa fixation à l’os peut rompre. Ces phénomènes peuvent entraîner des douleurs ou une diminution de la fonction articulaire et nécessiter une réintervention (risques de 5 à 10% à 10 ans).

Pour plus d’information sur la rhizarthrose, rendez-vous sur le site de l’arthrose du pouce : 

Questions fréquentes

Peut-on continuer à utiliser sa main malgré une rhizarthrose ?

Oui, il est généralement possible de continuer à utiliser sa main. Il est toutefois conseillé d’adapter les gestes qui déclenchent les douleurs et d’éviter les efforts importants ou répétés sollicitant excessivement la base du pouce. L’objectif est de préserver l’utilisation de la main tout en limitant les situations douloureuses.

Oui. Une orthèse de repos peut stabiliser l’articulation et limiter les mouvements douloureux du pouce. Elle est particulièrement utile lors des périodes douloureuses et peut être portée notamment la nuit. Dans les formes débutantes, elle constitue souvent une première étape du traitement.

 

La reprise du travail et des activités est progressive après la pose d’une prothèse trapézo-métacarpienne. Elle dépend de la cicatrisation, de la récupération de la mobilité et de la force du pouce, ainsi que des exigences du travail (Entre 1 et 3 mois).

 

Les activités légères peuvent généralement être reprises progressivement, tandis que le port de charges lourdes et les efforts importants sollicitant le pouce nécessitent un délai plus long (environ 3 mois).

 

La reprise est adaptée au cas par cas en fonction de l’évolution de la récupération.

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