Le doigt à ressaut
Qu'est-ce que c'est ?
Le doigt à ressaut est causé par une inflammation de la gaine synoviale entourant le tendon fléchisseur. Cette inflammation gêne le glissement du tendon au niveau de la poulie A1, provoquant un accrochage ou un blocage du doigt lors des mouvements.
Les symptômes
Les symptômes du doigt à ressaut apparaissent généralement de façon progressive. Ils se manifestent le plus souvent par :
- Des douleur à la base du doigt ou dans la paume
- Un claquement lors des mouvements, pouvant parfois aller jusqu’au blocage du doigt
- Des raideurs (surtout matinale)
L’évolution est variable d’une personne à l’autre. Les symptômes peuvent évoluer par poussées, avec des périodes douloureuses alternant avec des phases d’accalmie.
En l’absence de prise en charge, l’essentiel des conséquences reste une gêne fonctionnelle et une baisse du confort d’utilisation de la main.
Les causes
Le doigt à ressaut peut être favorisé par plusieurs facteurs. Certaines maladies, comme le diabète de type 1 ou de type 2, les rhumatismes inflammatoires chroniques ou certaines infections, augmentent le risque de développer cette pathologie. Chez les femmes, les changements hormonaux, notamment à la ménopause, peuvent également favoriser son apparition. Les activités impliquant des gestes répétitifs ou un travail manuel intense sont également susceptibles de contribuer à la survenue des symptômes.
En France, le doigt à ressaut concernait environ 2,6 % de la population en 2020. Cette affection touche près de six fois plus de femmes que d’hommes. Elle survient le plus souvent entre 50 et 60 ans chez les femmes et entre 55 et 65 ans chez les hommes.
Le diagnostic
Le diagnostic du doigt à ressaut est essentiellement clinique. Il repose sur l’interrogatoire et l’examen de la main. Le médecin recherche un ressaut lors de la flexion ou de l’extension du doigt, ainsi qu’une douleur ou un nodule à la base du doigt. Des examens complémentaires sont rarement nécessaires.
Quels traitements avant d'envisager une intervention chirurgicale ?
Dans les formes débutantes, le repos du doigt peut suffire à faire disparaître les symptômes. Il est recommandé de limiter, voire d’éviter temporairement, les gestes répétitifs et les activités sollicitant le doigt concerné afin de réduire l’inflammation du tendon.
Lorsque les symptômes persistent, une infiltration de corticoïdes peut être proposée. Elle consiste à injecter un médicament anti-inflammatoire au niveau de la gaine du tendon afin de diminuer l’inflammation et de rétablir un glissement normal du tendon. L’amélioration apparaît généralement en quelques jours. Selon l’évolution, une seconde infiltration, réalisée à distance de la première, peut parfois être nécessaire.
Quand opérer ?
La chirurgie est proposée lorsque les traitements médicaux ne sont pas suffisamment efficaces ou que le doigt reste bloqué.
L'intervention chirurgicale
Réalisée en ambulatoire, sous anesthésie locale et sous contrôle échographique, le patient peut regagner son domicile le jour même, généralement 2 heures après son arrivée à la clinique.
Une courte incision de quelques millimètres est réalisée au niveau de la paume afin d’ouvrir la poulie A1, responsable du blocage du tendon. Une synovectomie du tendon fléchisseur est également effectuée si nécessaire afin de retirer les tissus inflammatoires. Cette libération permet au tendon de retrouver un glissement normal et de restaurer les mouvements du doigt. L’intervention ne nécessite généralement aucun point de suture.
En l’absence de chirurgie, le doigt à ressaut n’entraîne pas de risque grave, mais les symptômes peuvent persister ou s’aggraver. La gêne fonctionnelle, les douleurs et les blocages peuvent devenir plus fréquents et limiter progressivement l’utilisation de la main au quotidien.
Les potentielles complications
Les plus fréquentes :
- Hématome/Ecchymose : accumulation de sang sous la peau, généralement bénin et se résorbe spontanément.
- Infection : rare, traitée par antibiotique (environ 2%).
Plus rarement :
- Algodystrophie : douleurs, gonflement et raideur de la main, persistantes pouvant nécessiter un traitement spécifique (kiné, rééducation). L’évolution peut durer plusieurs mois (environ 0,2%).
- Récidive : Les récidives d’un ressaut sur le doigt opéré sont exceptionnelles mais il est néanmoins fréquent que d’autres doigts soient atteints dans les années qui suivent (entre 0,3% et 2,4% dans les 3 ans après l’intervention).
- Le doigt peut rester un peu plié (flessum) si les consignes post-opératoires de mobilisation n’ont pas été correctement réalisées (0,4% dans les mois qui suivent l’opération).
Questions fréquentes
Quels doigts peuvent être touchés par un doigt à ressaut ?
Tous les doigts peuvent être concernés, y compris le pouce. Le doigt à ressaut peut toucher un seul doigt ou plusieurs doigts, sur une même main ou sur les deux mains.
Est-il possible de prévenir le doigt à ressaut ?
Il n’existe pas de moyen permettant d’éviter systématiquement son apparition. En cas de symptômes débutants, limiter temporairement les activités sollicitant fortement le doigt et éviter les mouvements répétitifs peut toutefois contribuer à réduire les douleurs et les phénomènes d’accrochage.
Quand puis-je reprendre le travail et utiliser ma main après une chirurgie du doigt à ressaut ?
La durée de l’arrêt de travail est adaptée à la profession et peut varier de quelques jours à 3 semaines. La main peut être utilisée pour les gestes du quotidien, en fonction des douleurs et de la cicatrisation. En revanche, le port de charges lourdes et les efforts importants doivent être évités pendant au moins 3 semaines après l’intervention.