La maladie de Dupuytren
Qu'est-ce que c'est ?
La maladie de Dupuytren correspond à un épaississement des tissus de la paume de la main. Des nodules et des cordes fibreuses peuvent se former et entraîner progressivement une difficulté à redresser certains doigts, le plus souvent l’annulaire et l’auriculaire.
Cette affection n’est généralement pas douloureuse, mais elle peut gêner certains gestes du quotidien, comme serrer une main, écrire ou poser la main à plat.
En l’absence de traitement, la rétraction peut s’aggraver progressivement et limiter l’utilisation de la main.
Les symptômes
La maladie évolue lentement mais de façon irréversible : la rétraction des doigts s’aggrave progressivement et ne régresse pas spontanément.
Avec le temps, la perte de mobilité peut gêner de plus en plus les gestes du quotidien. Une prise en charge précoce permet souvent des traitements plus simples et de meilleurs résultats.
À un stade plus avancé, lorsque les doigts sont fortement fléchis, la correction devient plus complexe et la récupération fonctionnelle peut être incomplète. Sans traitement, la rétraction peut entraîner une limitation durable de l’usage de la main.
Les causes
La maladie de Dupuytren est une affection dont l’origine exacte reste encore mal connue. Elle présente toutefois un caractère familial important, avec une prédisposition héréditaire retrouvée dans environ 80 % des cas.
Certains facteurs peuvent également favoriser son apparition ou son évolution, notamment certaines maladies comme le diabète, l’hypertension, l’épilepsie ou les maladies du foie, ainsi que l’alcoolisme et le tabagisme. Des antécédents de traumatisme de la main ou du poignet, même léger, peuvent également être associés à la maladie.
En France, environ 300 000 personnes étaient concernées en 2018. La maladie touche nettement plus souvent les hommes, avec 3 à 5 hommes pour une femme. Elle apparaît généralement entre 50 et 59 ans chez les femmes, tandis que chez les hommes, elle survient le plus souvent à partir de 50 ans.
Le diagnostic
Le diagnostic de la maladie de Dupuytren repose principalement sur l’examen clinique. Le médecin observe la paume de la main et les doigts afin de rechercher les nodules, cordons ou rétractions caractéristiques de la maladie. Il évalue également la mobilité des doigts et l’importance de la déformation.
Dans la plupart des cas, aucun examen complémentaire n’est nécessaire pour confirmer le diagnostic. L
Quels traitements avant d'envisager une intervention chirurgicale ?
Avant d’envisager une intervention chirurgicale, un traitement médical peut être proposé dans certaines situations afin d’améliorer l’extension du doigt et de limiter la gêne fonctionnelle.
Le traitement par infiltration consiste à injecter un produit directement dans la corde fibreuse responsable de la rétraction du doigt, afin de la fragiliser et de permettre sa rupture ou son assouplissement.
Cette technique vise à améliorer progressivement l’extension du doigt sans chirurgie ouverte. Après le geste, une mobilisation et un suivi sont nécessaires pour optimiser le résultat et limiter le risque de récidive
Quand opérer ?
L’intervention chirurgicale est proposée lorsque la maladie de Dupuytren provoque une flexion permanente des doigts entraînant une gêne fonctionnelle significative.
La chirurgie est proposée lorsque les traitements médicaux ne sont pas suffisamment efficaces.
L'intervention chirurgicale
L’objectif est de libérer les structures responsables de la rétraction afin de restaurer au mieux l’extension et la fonction du doigt. Réalisée sous anesthésie locorégionale et en ambulatoire, l’intervention consiste à pratiquer des incisions adaptées pour accéder aux tissus atteints, puis à retirer les cordes fibreuses responsables de la rétraction des doigts. Une libération de l’articulation ou du tendon peut également être nécessaire afin d’obtenir une extension aussi complète que possible.
Dans certaines situations, notamment lorsque la peau est trop rétractée, un lambeau cutané peut être utilisé pour permettre une fermeture adaptée de la plaie. Une rééducation et un suivi postopératoire peuvent ensuite être nécessaires pour favoriser la récupération de la mobilité du doigt.
Les potentielles complications
Les plus fréquentes :
- Hématome/Ecchymose : accumulation de sang sous la peau, généralement bénin et se résorbe spontanément.
- Infection : rare, traitée par antibiotique (environ 4,5%).
- Algodystrophie : douleurs, gonflement et raideur de la main, persistantes pouvant nécessiter un traitement spécifique (kiné, rééducation). L’évolution peut durer plusieurs mois (environ 3,3%).
Plus rarement :
- Récidive : les cordes fibreuses peuvent réapparaître avec le temps malgré une opération réussie (environ 1,7% dans les 2 ans après l’intervention).
- Atteinte nerveuse : blessure pendant l’intervention exceptionnelle.
Questions fréquentes
Doit-on opérer dès l’apparition d’un nodule dans la paume ?
Non. La présence d’un nodule ou d’un cordon ne constitue pas à elle seule une indication chirurgicale. Une simple surveillance peut être proposée tant que la mobilité des doigts reste satisfaisante. L’intervention est généralement envisagée lorsque la rétraction entraîne une limitation fonctionnelle.
Que faire si je n’arrive plus à poser ma main à plat ?
L’impossibilité de poser complètement la main à plat sur une surface constitue un signe fréquent d’évolution de la maladie. Elle traduit une rétraction des tissus de la paume et des doigts. Il est alors recommandé de consulter afin d’évaluer l’importance de la rétraction et de discuter d’une éventuelle prise en charge.
Quand puis-je reprendre le travail et utiliser ma main après une chirurgie de la maladie de Dupuytren ?
La durée de l’arrêt de travail est adaptée à la profession, elle peut varier d’environ 1 semaine à 2 mois. La main peut être progressivement utilisée pour les gestes du quotidien, en fonction des douleurs, de la cicatrisation et de la récupération de la mobilité. La reprise des efforts importants et des activités sollicitant fortement la main se fait progressivement, selon l’évolution de la récupération.